Depuis plus de deux semaines, le ciel du Nord et de l’Ouest de l’Europe est confronté à une période intense en perturbations. Une période qui devrait se finir en beauté avec le passage, cette nuit, de peut-être « la pire tempête de l’année ».
« Par Toutatis, le ciel est en train de nous tomber sur la tête ». Qu’on soit Écossais, Bretons, Normands ou Ligériens, nous sommes loin de se sentir des irréductibles en cette période de tempêtes. En effet, l’orage gronde, la pluie fouette le visage et le vent souffle sous les chaumières. Bref, c’est l’hiver : les dépressions se suivent et se ressemblent.
Une situation classique ? Pas tout à fait. Généralement, les tempêtes alternent avec des périodes de beaux temps qui permettent aux bateaux de quitter le port. Mais depuis 15 jours, l’horizon reste bouché et les troquets font le plein. La faute à qui ? A ce fameux anticyclone des Açores qui s’est crapahuté bien loin ! Le résultat, on le connait : les dépressions en provenance de Terre-Neuve se creusent au large de l’Irlande et déversent leur colère sur les îles britanniques, le Nord-Ouest de la France et la Belgique.
Ça bastonne dur
C’est l’Écosse et l’Irlande qui ont ouvert les hostilités en subissant les foudres de la tempête Friedhelm. Les services météorologiques du Met office avaient placé certaines régions en vigilance maximale : le niveau rouge, 4/4. Et pour cause, une rafale de 264 km/h, digne d’un bel ouragan, a été relevé à Cairngorm, dans les Highlands écossais. Plus à l’Ouest, c’est en mer qu’un autre record est tombé : une vague de plus de 20 mètres au large des côtes irlandaises.
Trois jours plus tard, le Sud du Royaume-Uni et la Bretagne étaient concernés par une nouvelle tempête : Hergen. Avec une rafale maximale de 128 km/h à Belle-Île, cette perturbation est restée somme toute plutôt « classique », même si elle a fait une victime à Hendaye : un homme en ballade sur une jetée a été emporté par une vague plus grosse que les autres.

Inondations à la Faute-sur-Mer, après la rupture d'une digue imputable à la tempête Xynthia - Crédits AFP
Vers un remake de Xynthia ?
Toute la semaine, le vent aura soufflé sur le littoral atlantique et Météo France mettait en garde contre le phénomène des vagues-submersion. En effet, la mer, poussée depuis plusieurs jours par de forts vents d’Ouest, a profité de la baisse de la pression atmosphérique pour « remonter » d’un mètre environ. Alliée avec une forte houle et des vagues puissantes, elle n’a pas épargné le littoral, inondant par-ci par-là les terres.
C’est ce qui s’était passé lors du passage de la tempête Xynthia. Combinée à des coefficients de marée élevés, la mer avait brisé les digues et envahi le littoral vendéen, faisant 35 victimes dans ce seul département. La région, qui avait aussi payé un lourd tribut pendant les deux célèbres « tempêtes de 99 », craint donc l’arrivée imminente de Joachim, cette tempête annoncée comme peut-être l’une des pire de l’année en France.
Joachim va concerner une majeure partie de la France, de la Bretagne au Pays Basque. Elle devrait exceptionnellement garder son intensité à mesure qu’elle pénètre dans les terres. Le Centre et l’Île-de-France ne seront pas épargnés. 47 départements sont aujourd’hui placés en vigilance orange par Météo France (16h). Le Poitou-Charentes, la Vendée et la Loire-Atlantique devraient connaître les plus fortes rafales de vent où les 150 km/h peuvent être atteints localement.
Pour suivre l’évolution en temps réel de la perturbation, rendez-vous sur Météo France bien sûr, et d’autres excellents sites comme MétéoCiel, InfoClimat, MétéoAlerte et Météo World.





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