
Cette carte montre les traces de tous les cyclones tropicaux qui se sont formés entre 1985 et 2005. Les points montrent l
Alors que l’Atlantique Nord peut se targuer d’avoir générer plusieurs dizaines d’ouragans en 2011, son petit frère du Sud a toujours le compteur à zéro. Comme chaque année d’ailleurs. Pourquoi une telle différence ? Que manque-t-il à leur formation ?
Sur le site de Météo France Nouvelle-Calédonie (plutôt calé en la matière), on apprend que trois conditions manquent à l’appel dans l’Océan Atlantique Sud.
- D’une, la température de l’eau y est plus froide. On le sait, les cyclones ont besoin d’avoir les pieds au chaud pour se développer. C’est d’ailleurs en remontant vers les eaux tièdes de l’Atlantique Nord que ces systèmes météo perdent en intensité.
- En plus d’une surface océanique chaude, les cyclones tropicaux ont besoin d’un contraste thermique en altitude, c’est-à-dire une troposphère suffisamment froide pour que la dépression naisse et dégénère. Or, le cisaillement vertical du vent au-dessus de l’Atlantique Sud à l’habitude de casser le mécanisme : le centre des perturbations en altitude se trouve écarté du centre au sol. Le système est bancal et ne gagne pas en puissance.
- Mais c’est surtout l’absence de ZCIT qui explique la difficile genèse des ouragans dans l’Océan Atlantique Sud. La ZCIT, kézako ? C’est la Zone de Convergence Intertropicale. En gros, une bande de quelques centaines de kilomètres de large qui longe l’équateur et où convergent les masses d’airs chauds et humides en provenance des tropiques. La confrontation de ces masses d’air donne naissance à de nombreuses perturbations, et donc des cyclones. Or, la ZCIT en Atlantique Sud reste très au Nord et aucun ouragan ne se forme au-dessous de l’équateur.
Catarina, le contre-exemple
Bien qu’il y ait de nombreux rapports mentionnant d’autres tempêtes tropicales, Catarina est le premier et le seul ouragan officiellement observé en Atlantique Sud. Il s’agissait d’un cyclone de catégorie 2 qui frappa le Brésil le 28 mars 2004. Catarina a bénéficié d’une combinaison d’anomalies : la circulation des vents était favorable à son développement et la températures de l’eau était proche de 26,5 °C, seuil sous lequel aucun cyclone ne peut se développer. L’exceptionnalité de cette tempête a fait débat chez les scientifiques, chacun tentant d’expliquer la cause de tout ça. Pour la Société brésilienne de météorologie, il n’y a pas de doutes : c’est le réchauffement climatique qui a engendré les conditions favorables à son développement.

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