Le traquet motteux est un oiseau petit et léger : seulement 25 grammes à tout casser. Pourtant, c’est un monstre de la migration, capable d’affronter le froid et le vent sur 30 000 kilomètres chaque année.
Le petit traquet motteux a ses habitudes, et il n’en changera pas. Chaque été, il passe ses vacances dans le cercle arctique canadien. Mais l’hiver venu, il préfère réchauffer son corps d’à peine 25 grammes sous les doux rayon du soleil sub-saharien. Il traverse ainsi deux fois par an le continent nord-américain et l’Océan Atlantique. 30 000 kilomètres au total, et peu importe les tempêtes ou les prédateurs qui se dressent sur son passage.
« Rapporté à sa taille, ce cycle migratoire est l’un des plus longs jamais observé pour un quelconque oiseau dans le monde », estime une étude, publiée mardi dans la revue Biology Letters de l’Académie des sciences britanniques.
Faute de disposer de balises suffisamment petites pour être fixées sur un oiseau pesant l’équivalent de deux cuillères à soupe de sel, les allers et venues de l’oiseau restaient un mystère pour les scientifiques. Mais grâce à des engins de géolocalisation miniaturisés de seulement 1,2 gramme, des biologistes canadiens et allemands ont réussi à équipé une trentaine de traquets motteux dans les montagnes d’Alaska et seize autres sur l’île de Baffin, au Nord de la côte Est du Canada. Ils ont ainsi pu tracer avec précision les trajets à rallonge de ces oiseaux, petits mais costauds.
Le traquet motteux est le seul oiseau terrestre connu qui relie physiquement les deux écosystèmes radicalement différents que sont le Vieux continent et les régions arctiques du Nouveau Monde.
Avec belga





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